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Chansons - Liedjes protected Préférences

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INTRODUCTION

Il est une mémoire orale que j'aime entendre ... quand Lysabeth, au détour d'une conversation, se met à chanter.... il faut être rapide et patiente!

Trouver un bic, un bout de papier, noter au vol quelques bribes qu'on comprend mal... tu veux répéter ? Pourquoi? Je n'ai pas bien compris! ... C'est pas grave, ne n'est pas important... Mais je voudrais noter! Pourquoi? Mais pour le retenir... Mais tu ne sais rien faire avec ça...

Bref, parfois, j'arrive au bout de la chanson, j'espère avoir tout compris, c'est en vieux flamand d'ici... ! Je traduis... comme je peux, les versions orales sont à chaque fois légèrement différentes!

Lysabeth, mémoire vivante de La Panne, est une mine d'anecdotes sur des temps révolus. Une enfance marquée par la guerre et la misère de l'époque, dans une famille de petits fermiers où "Quand ce n'étaient pas le docteur, c'était le vétérinaire qui devait passer... "

Les "colonies de vacances" apportaient, en français!, un peu de chaleur dans cette vie de combat au quotidien. On est à La Panne, apprendre le français est vital (tourisme oblige) mais aussi dans l'air du temps, cette langue permet de grimper dans l'échelle sociale. Lysabeth est donc dès son plus jeune âge parfaitement bilingue.

Elle se souvient, à 95 ans, de poèmes, chansons, tranches de vie et petits bonheurs qu'elle partage avec parcimonie lors de moments remplis de tendresse et d'émotions. Paul était là pour immortaliser l'un d'eux.

Jeunes et moins jeunes, interrogez vos "vieux"...

La chanson du prolétaire

Le texte bilingue est en sous-titres, il vous faudra peut-être activer les sous-titres de la vidéo: clic sur le petit triangle à doite dans la barre d'outils du bas de l'écran et clic sur "activer les sous-titres"

Aan 't eind der dag ligt de arbeid teneer

De rust komt der donkere nacht

't Is overal stil en het mensdom in rust

Vindt slapend hernieuwende kracht

A la fin du jour le travail prend fin / La tranquilité vient de la nuit sombre / Le calme est partout et les gens au repos / trouvent en dormant de nouvelles forces

Zelfs moeders natuur schijnt in sluim'rende rust

Wanneer ze zonlicht niet zag

En toch slaapt niet allen, er zijn er nog veel

Wier 's nacht is gemaakt tot den dag

Même mère nature semble se reposer en sommeillant / quand elle ne voit pas la lumière du jour/ Et pourtant tout ne dort pas, il y en a encore beaucoup / pour qui la nuit se construit comme le jour


Maar zij die niet slapen is liefdevol mens

Verpleegster in 't ziekengesticht

De Moeder die biedend in tranen verstikt

Aan 't ziekbed van 't kindje om beterdschap snikt

Mais celle qui ne dort pas est remplie d'amour / Infirmmière dans un asile de malades / Et la mère qui, priant s'enferme dans ses larmes / Au chevet de l'enfant malade, aspire à son rétablissement

En ook bij de werker der donkere mijn

Die niet weet of hij er morgen nog zal zijn

Die afdaalt door honderde gevaren omringd

In donkere schacht vol moed een liedje zingt

Et aussi le travailleur dans la mine sombre / Qui ne sait si demain sera / Qui descend entre mille dangers / Plein de courage dans sa cage sombre, chante une petite chanson.


Het rijke gezin heeft het kreeftensalaad

Verhoberd voor een kostelijk soupé

Ze zijn dol op vis, mevrouw ordineert

"Garnalen voor het déjeuné!"

La famille de riches mange une salade de homard / servie avant un souper de prix / Ils sont fous de poisson, Madame commande / Des crevettes pour le déjeûner

En morgen trakteert zij op heerlijke tong

Zij maakt heel het gezin reeds belust

Ze dromen des nachts van heerlijke vis

Te midden van zalige rust.

Et demain elle proposera une délicieuse sole / Elle fait saliver toute la famille / Ils rêvent la nuit de succulents poissons / Au milieu d'un doux repos


Maar zij die niet slapen zijn moedige volk

Die bonkige kerels op zee

Die stormen trotseren ter wille van brood

Op vele manieren geloerd door de dood

Mais eux qui ne dorment pas sont des gens courageux / Ces sacrés gaillards sur la mer / Qui bravent la tempête pour du pain / Guettés par la mort de tant de manières

En zij die niet slapen is thuis ook de vrouw

Die neer knielt en biedt vol van droefheid en rouw

Voor 't lichaamsbehoud van haar man en haar zoon

Haar moeilijk bestaan geeft het rouwkleed tot loon

Et elles qui ne dorment pas, sont les femmes aussi, à la maison / Qui s'agenouillent et prient, emplies de tristesse et de deuil / Responsable de la santé de son fils et son mari / Sa vie difficile offre l'habit de deuil pour salaire


In de zacht rode kus van de spoorweg coupé

Daar zit een deftig gezelschap bijeen

Ze schimpen en schelden op 't mindere volk

"Dat werkvolk is dat toch gemeen

Dans les doux coussins rouges du wagon coupé / Une belle compagnie est réunie / Ils persiflent et pestent sur le petit peuple / Ces petites gens c'est quand même commun

Ze vragen maar steeds hogere loon voor hun werk

Niets is die proleet maar zijn zin "

Ze schelden nog verder en dan kom de slaap

En het deftig gezelschap slaapt in

Ils demandent toujours plus d'argent pour leur travail /Rien n'est à leur goût/ Ils pestent sans fin puis vient le sommeil/ et la distinguée compagnie s'endort


Maar zij die niet slaapt is die ruige proleet

Daarvoor op de locomotief

Die het leven van honderden heeft in zijn hand

Hij word door moeiheid noch slaap overmand

Mais celui qui ne dort pas, c'est ce sale prolétaire / Là, devant, sur la locomotive / Qui tient la vie de tant de gens dans ses mains / Il n'a succombé ni au sommeil ni à la fatigue

Met het een been in de graf het ander in de cel

Gij eerste klasslapers bedenk gij dat wel

Zijn handen zijn vuil en ruiken aan het zweet

Die man waakt op u, hij de versmade proleet

Avec un pied dans la tombe et l'autre en prison / Toi, dormeur de première classe, penses-y / Ses mains sont sales et sentent la respiration / Cet homme veille sur vous, lui, le prolétaire dédaigné


Oorlog

't Werkmans leven is droevig op aard

Wie heeft ons hier dat leiden bewaard

Wij verlangen geen geld of juwelen

Neen wij willen die rijkdom niet stelen

Maar we vragen een eerlijk stuk brood

En door niemand worden verstoot


Al de mensen zijn nu geleerd

En zie de wereld draaid nog meer verkeerd

Het mechaniek geeft on de werkloosheid

Het politiek brengt ons 'tvolk in haat en nijt

Het vertand is groot, het recht is klein

Het zal in het jaar 39 nog wat anders zijn...

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