[ Toutes les pages ]

La première guerre protected Préférences

Afficher le menu

Introduction

Le catalogue est édité en néerlandais mais des guides francophones sont disponibles

L'avancée Allemande a été arrêtée le long de l'Yser. Ceci grâce au fait que les Polders (zone agricole derrière les dunes) se trouve sous le niveau de la marée haute.

Une gestion judicieuce des écluses qui permettent en temps normal d'évacuer le trop plein d'eau des terres a permis d'innonder toute la zone.

La guerre est devenue une guerre de tranchée, les soldats, les pieds dans l'eau, ont vécu l'enfer.

Une exposition permanente à Ypres : "in Flanders fields" retrace de manière très réaliste la vie et la mort au front. 500.000 morts, leurs noms et photos défilent sous vos yeux, un par un, une par une, image hypnotique que je ne peux sortir de ma tête.

La Panne présente jusqu'en avril une exposition centrée sur le rôle de l'Hôpital de l'Océan. Je ne peux que vous y inviter. Tous les commentaires sont en neerlandais mais vous pouvez demander un guide francophone à la commune de La Panne. (ou me contacter...)

Cette page vous explique le contexte.

Les illustrations de cette page ne sont pas à l'exposition. Venez la visiter!

Des documents associées par thème qui vous raconte dans la langue universelle du coeur, le quotidien de La Panne.

La reconstitution d'une salle d'opération, un film d'époque ... elle vaut le détour!


La Croix-Rouge

Carte officielle d'ambulancière. Réf:www.1914-1918.be

Acteur primordial de la guerre, elle fait maintenant partie de notre quotidien. Ses principes humanitaires nous semblent naturels, indiscutables, pourtant, ils ont créé une véritable révolution et prise de conscience.

Henri Dumont, en créant La Croix-Rouge, a imposé au monde 4 principes fondamentaux:

1- La société est responsable de ses soldats.

2- Les soins sont prodigués à tous, sans distinction de nationalité, de classe sociale, de statut (civil, militaire, réfugiés)

3- L'état est responsable des soins

4- Des professionels de la santé assurent les soins, l'organisation...

Ambulanciers, ambulancières (souvent recrutées dans la bourgeoisie ou la noblesse), brancardiers... seront formés en grand nombre.

Ces principes guideront largement l'organisation des soins durant la guerre (avant, heu, disons que...aurait pu mieux faire! )

La Croix-Rouge devait légalement tenir à disposition du pays un certain nombre de médecins et de véhicules médicaux. Depuis 1905 déjà, le responsable de la Croix-Rouge avait informé le responsable médical de l'armée le grave manque en ces domaines


L'armée avant la guerre

Obsolète ! C'est le moins que l'on puisse dire, pour résumer!

Les hôpitaux militaires sont absolument nécessaires... les casernes sont de véritables foyers d'infection!

Les parents essayent d'éviter d'y envoyer leurs fils. Le service militaire n'est pas obligatoire, l'appel sous les drapeaux est est organisé sur base d'une loterie et les mieux nantis peuvent facilement y échapper , il suffit de trouver un non appelé d'une famille pauvre, il remplacera le fils chéri moyennant finances!

L'uniforme très coloré est adapté aux guerres du siècle passé. Il manque cruellement de fusils

En 1909, la guerre menace, un fils par famille sera appelé sous les drapeaux

En 1913, la menace se précise, le service est obligatoire pour tous, avec exceptions. Les enseignants, exemptés, seront mobilisés comme brancardiers. Il était aussi possible d'échapper au service en suivant une formation de brancardier (3 mois)

Depuis la fin du 19ème S. un "guide pratique du brancardier militaire belge" est édité: 230 pages illustrées. Il est aussi à la disposition des volontaires civils de la croix rouge

L'effectif des médecins est augmenté mais il y a pénurie. En 1913, seuls 101 médecins sont en fonction sur les 176 prévus. Alors, c'est la débrouille organisée: Bourg-Léopold utilise 23 médecins stagiaires. Des auxiliaires terminent leurs études de médecine sous contrat de huit ans. Leurs études sont payées par l'état. Un médecin par bataillon est prévu en cas de guerre.

Mais l'effort financier porte surtout sur les infrastructures défensives et sur les fantassins. (il leur manque quand même 1500 fusils! )

Le 1er août 1914, dans l'urgence, un comité est créé pour organiser les soins à Bruxelles, comprenant les docteurs Depage et Lerat (anciens médecins de la guerre des Balkans). Outre une aile du Palais Royal, des locaux de 150 institutions de Bruxelles (Collège Saint Michel, Palais de Justice, Hôtel de ville...) sont mis à disposition de la Croix-Rouge. Fidèles aux principes de neutralité, ces antennes médicales soigneront les blessés de toutes nationalités.

La Panne et plus généralement la Flandre Occidentale ne joue, malgré une grande mobilisation militaire, aucun rôle particulier.

La débacle

La Panne, 1916. Sa Majesté la Reine accompagnée du Docteur Depage rend à "ses" blessés et alliés sa journalière visite... (dessin de Thiriar)  Réf:www.1914-1918.be

L'ultimatum est refusé, le 4 août 1914... l'armée allemande envahit à la fois la Belgique et le Luxembourg. Ce devait être une guerre courte... la Belgique et la France occupées, les Allemands se concentrerons sur la Russie.

A l'arrivée des Allemands, l'essentiel des manoeuvres vise au repli ... stratégique. Malgré de petites victoire ponctuelles, l'essentiel des affrontements directs se solde par une défaite cuisante. Les troupes vont et viennent à travers le pays, à pied bien sûr. Même sans se battre, les hommes sont éreintés.

Liège qui barre la Meuse, défendue par le Général Leman, tiendra 10 jours. Délai précieux qui permet aux troupes belges et françaises de s'organiser. Elle tombe à la mi-août.

En ce début de guerre, la haute bourgeoisie et la noblesse se mettent au service de la Croix-Rouge.

Anvers, autre lieu stratégique fortifiée, chèrement défendue, tombe le 10 octobre 1914

Bruxelles (envahie le 18 août), Louvain et d'autre villes sont déclarées villes ouvertes. Les soldats blessés y sont laissés dans les hôpitaux afin de ne pas alourdir encore le travail des hôpitaux de campagne. Ils tombent aux mains des Allemands .

Le personnel qualifié manque,il est fait appel aux français, aux anglais. Les Allemends, tout en respectant les principes de neutralité de la Croix-Rouge limitent à 4 le nombre d'hôpitaux et institutions autorisées à recevoir les blessés. Ils contrôlent eux-même ces institutions et les déplacements de la Croix-Rouge. Le comité médical créé quelques jours avant la guerre contrôle et subsidie les centres de soins et hôpitaux hors Bruxelles jusqu'au 2 mars 1915. Il est alors dissout, suite à des conflits avec la direction. Seuls les services de renseignements qui fichent précisément chaque blessé, chaque blessure, continuent de fonctionner.

Les brancardiers trouvent difficilement leur place dans la structure hiérarchique et disciplinée de l'armée. Leur équipement est sommaire, ils manquent de pansements et bandages, leur brassard blanc orné d'une croix rouge est très peu visible et ils essuyent régulièrement les tirs adverses. Nombreux se sentent profondément civils et même lorsqu'ils disposent d'uniforme, ils refusent de le porter.

Les médecins, aides-médecins... ne disposent pas d'uniformes dignent de ce nom. C'est la loi de la récup, aucune unité dans l'équipement. Ils doivent réquisitionner des charettes et autres attelages pour assurer le transport de leur matériel et des blessés... Max Dauville vous plonge avec une profonde humanité dans ce cauchemar.

De retraites en retraites, les 60.000 hommes restants (sur 100.000) arrivent à l'Yzer . Les responsables des écluses, avec quelques hommes et la marée montante réussissent enfin à arrêter l'avancée Allemande. Ils innondent les polders, le terrain se transforme en bourbier et nos soldats ont le temps de creuser des tranchées qu'ils défendront 4 ans durant.


"L"Ambulance" de la place Emile Dupont à Liège, Témoignage d'Anne Lambert, fille de Maire-Anne Lemaire, ambulancière ... et ma grand-mère!

Réf: www.1914-1918.be

Sur la place Emile Dupont à Liège au numéro 8 se trouvait la merveilleuse demeure de Monsieur Orban, homme d'affaires bien avisé pour avoir créé "à la belle époque" une société de bateaux mouches. ... Le jeune couple (Simone Anspach, petite-fille de Monsieur Orban et son mari) s'installa chez le grand-père Orban qui, veuf depuis plusieurs années déjà, ne demandait pas mieux que de partager sa grande maison avec sa petite-fille.

Quand la guerre de 1914 éclata, le bon coeur de Simone n'hésita pas un instant. Le fait de ne pas pouvoir avoir d'enfants lui faisait disposer de beaucoup de temps libre... Dans ces conditions, elle considéra qu'il était de son devoir d'entreprendre quelque chose pour contribuer au soulagement de cette immense souffrance qui allait immanquablement survenir partout. Simone obtint l'autorisation de son grand-père, et le consentement de son mari de transformer une grosse partie de la demeure familiale en une véritable "ambulance"! La maison étant meublée de façon exquise comme nous le montre les photos d'époque, il faut reconnaître que cette initiative présentait un risque certain pour les magnifiques mobiliers et oeuvres d'art qui y étaient accumulés! Il y avait donc dans ce geste une générosité peu banale! Les locaux trouvés, il fallait que les généreux mécènes trouvent ensuite le personnel pour faire fonctionner l'installation hospitalière. Une jeune fille, Marie-Anne Lemaire (née le 8 octobre 1894), diplômée ambulancière de la Croix-Rouge accepta de travailler bénévolement pour exercer la surveillance de nuit des blessés. ... L'ambulance "Anspach" fonctionna pendant les quatre années de guerre.... Les quelques photos qui nous sont parvenues nous restituent cependant l'ambiance de l'ambulance Anspach: quand on regarde les clichés représentant les blessés (ou convalescents) si bien endimanchés, réunis un jour de fête avec le personnel, on éprouve une impression de sérénité faite sans doute d'ordre et de discipline, mais aussi et surtout d'un important esprit d'entraide mutuelle.

Un témoignage de ... mon grand-père, Léon Lambert!

Réf: www.1914-1918.be

Il s'agit d'une lettre envoyée à un camarade depuis la Hollande. Il parle de la retraite d'Anvers. ...Voici, tu sais que la retraite de l'armée de campagne a commencé le 7 octobre et comme toujours, il fallait un certain nombre d'hommes pour couvrir la retraite et donner à l'armée de campagne le temps de s'éloigner en arrêtant ou en ralentissant la marche de l'ennemi. Cette mission fut confiée aux troupes de forteresse (artillerie) avec les grenadiers et un certain nombre d'hommes du génie. Nous sommes donc restés dans les tranchées avec, devant nous, les grenadiers. La nuit du 9 au 10, il y eut à Anvers un fameux carnage et la situation devint intenable pour nous et le dix au matin nous nous sommes repliés vers le nord dans le but de rejoindre les alliés. Seulement arrivés à la Clinche, petit village belge sur la frontière, les Boches nous attendaient et toute la colonne fut obligée de franchir la frontière. J'ai d'abord passé une semaine à Amerfoort où j'ai rencontré Tollet, Gondat et Bada puis on nous a dirigés vers Leeuwaarden au fin fond de la Hollande où nous sommes relativement bien, surtout du point de vue logement....

La guerre des tranchées

Seconde résidence pour 4 années inoubliables. Réf:www.1914-1918.be

Pour vous faire une idée, je vous invite à faire une recherche sur le web avec comme simple mot clé : "14-18", puis vous choisissez de voir toutes les images...

En mots, en dates :

L'offensive allemande se noie dans les boues des Polders, trois écluses, les éclusiers Hendrik Geeraert, Karel Cogge, les capitaines Thys et Umé ont scellé l'histoire des 4 années qui vont suivre.

Le front est donc stabilisé. Nos "poilus" se transforment en taupes et utilisent aussi bien la pelle que le fusils. Deux lignes de tranchées sont creusées parallèlement au front, et sont reliées par des boyaux qui permettent tout juste de circuler courbés. Ils servent au transport des blessés dans un sens, à l'apport de vivres (un pain et une boite de sardine par jour par personne). Ce sont des passages un peu sécurisés vers l'arrière front.

A l'arrière, à Furnes, le Bisschoppelijke College accueille une équipe anglaise de Belgian Hulp. L'Hôpital Saint Jean s'organise. A Nieuwport, c'est un magasin de porcelaine qui est transformé en avant poste médical. On y donne les premiers soins, on trie les blessés selon leur état et on les dirige vers l'Hopital le plus approprié. Ils sont évacués le plus rapidement possible pour faire de la place aux nouveaux blessés.

Le commandement de l'armée (le Docteur Mélis rst responsable de l'organisation médicale) et la Famille Royale s'installent à La Panne (le gouvernement belge est installé en France, à Saint-Adresse ). Le gouvernement catholique est mis sur la touche, le Roi est Chef de fait.

Le centre médical de Furnes déménage à Adinkerke les 25 et 26 octobre. Il y sera moins exposés à l'artillerie ennemie et disposera de la ligne ferroviaire vers Calais pour l'évacuation des blessés. Il y passe de 500 à 800 blessés par semaine! Mais ils ne disposent pas de salle d'opération. Et les blessures de guerre ne se soigne pas comme les infections auxquelles les médecins avaient à faire face en temps de paix.

Adinkerke, logistiquement essentiel, fournit l'eau potable pompée dans la nappe phréatique (boisson mais aussi douches, blanchisserie...). Son antenne médicale s'adaptera aux soins des gazés.

Au début, l'organisation était sommaire, les soldats évacuaient souvent eux-même leurs blessés ce qui affaiblissait la défense. Ils manque de matériel, fusils croisés , échelles, portes... tout faisait office de brancard de fortune.

Mais les brancardiers ont fait du chemin, ils se sentent maintenant rattachés à leur bataillon, responsables de leurs poilus. Ces sentiments induisent une plus grande efficacité de leur action. Ils sont respectés par les soldats et tissent des liens d'amitiés avec eux. Il faudra pourtant attendre le 28 octobre pour que des uniformes leur soient distribués. Au fil des jours, ils élargissent leur action. La plupart sont intellectuels (enseignants, prêtres, séminaristes). Ils ne se contentent pas de transporter les blessés. Ils assurent une assisstance médicale et une présence auprès d'eux. Ils aident ponctuellement les soldats en portant par exemples les charges des plus fatigués lors des déplacements. Ils mettent aussi leurs connaissances et compétances intellectuelles au service des soldats, souvent peu instruits. Ils organisent les permissions en cherchant des familles d'accueil. Ils proposent de véritables cours d'alphabétisation, sur le terrain. Ils sont écrivains publics. Ils assurent la distribution de livres et journaux, fort appréciés au front. Parfois ils organisent des jeux, des concours pour remonter le moral des troupes... Ils n'ont pas combattu l'arme au poing mais 250 d'entre eux ont perdu la vie sous le feu de l'ennemi.

Le Docteur Antoine Depage (médecin de la Famille Royale) avait l'expérience de la médecine de guerre, ayant servi en 1912-1913 lors de la première guerre des Balkans. Il permettra d'éviter de nombreuses morts en faisant soigner les blessés sur le champ de bataille, avant leur transport, par des hommes formés et équipés.

En juin 1915, un aide médecin (Luc Hertoghe), pense à expériementer lui-même le transport par civière... Les chocs sont pénibles, insupportables pour un blessé. Trop nombreux sont ceux qui ne survivent pas au transport.

Le Docteur Mélis demande au Ministre de Broqueville l'organisation de "formations chirurgicales avancées" . Il les érigera aux croisements entre une route et un canal de drainage suffisant pour assurer le transport par petite barque pour l'évacuation "confortable" des blessés.

L'arrivée à l'hôpital n'est pas une garantie de salut. Alors que le typhus était endémique dans la région avant la guerre, il risque maintenant de se développer en épidémie aussi bien parmi les militaires que parmi les civils. En cause, une concentration humaine importante (réfugiés, blessé, militaires... ). Déjà lors du siège d'Anvers, la crainte des épidémies pousse les autorités à renvoyer le Docteur de Moor dans ses laboratoires. Il se consacre là à la production de vaccins contre le typhus en grande quantité.

Une véritable chasse à la maladie et aux malades s'organise (les malades craignent l'hospitalisation), les abords des hôpitaux sont désinfectés. Un laboratoire de Coxyde recherche les germes pathogènes dans l'eau, la bière, la nourriture (certaines brasseries ayant utilisé une eau contaminée sont fermées). La chasse aux mouches et aux moustiques est organisée à grande échelle et financée par l'Etat. Les résultats de cette mobilisation sont impressionnants: de 10 à 15 cas de typhus par jour début 1915, on passe à 2 cas par semaine en fin d'année! Il faudra encore lutter contre la méningite (1915), la rougeole (1916), la rage canine (mortelle à 100%).

La grippe espagnole qui s'attaquait très rapidement aux poumons (1918) a justifié l'installation de baraques de quarantaine...

Pour favoriser l'hygiène, un immense bain public (1500 bains par jour) est ouvert dans un cinéma (Sloepenlaan, pour ceux qui connaissent La Panne). Un puits de 11 mètres de diamètre est creuse pour assurer l'approvisionnement en eau des bains et d'un lavoir.

La prostitution est fréquente bien que non officiellement organisée, les maladies sexuellement transmissibles (MST) également. Elles touchent 7% des militaires. A Furnes, un soldat a été décapité pour avoir violé et tué une jeune fille. Ce fut la dernière utilisation d'une guillotine qui pour l'occasion avait été amenée de France.

L'organisation des soins est complexe. Les hôpitaux militaires ne prennent pas les civils en charge, l'Etat finance de nombreux lits dans les hôpitaux civils (Ypres, Poperinge, Coxyde...) La France accueille également de nombreux civils...


La guerre chimique

Outre les blessés et les malades, les hôpitaux doivent, à partir du 22 avril 1915, prendre en charge les victimes des gaz chlorés. En fin d'année, apparaît un gaz mortel, le phosgène.

Pour la chronologie complète de la guerre chimique, je vous renvoie à la page http://www.guerredesgaz.fr/Chronologie/Chronologie.htm

Cette page vaut le détour. Les français et anglais ont été le précurseurs dans le domaine et leurs recherches ont été reprises et parfois améliorées par les allemands. Il faut quand même préciser que les premières attaques françaises ont été limitées à cause de traités internationaux signés avant la guerre. Par la suite... l'imagination a été fertile, du gaz irritant au gaz à effet retardé provoquant d'atroces brûlures en passant par les gaz mortels et ceux passant la barrière du masque à gaz, le meilleur auteur de roman d'horreur n'aurait pu trouver pire.

Certains hôpitaux se spécialisent, (Cabour, Nieuwport par ex. ), une bombonne d'oxygéne est placée à la tête de chaque lit.

L'atelier de Frans Daels à Furnes produit des masques à gaz en quantité. Civils et militaires sont bientôt munis de cette protection... ainsi que chiens et chevaux!

L'argent, le nerf de la ... Croix-Rouge!

Toute la bonne volonté et le savoir-faire du Docteur Depage qui en octobre 1914 organise deux hôpitaux à Calais se heurtent à une cruelle réalité...

L'argent manque!

La Comtesse de Mérode verse 50.000 Francs et du personnel... Le fait est incontournable, il faudra faire appel à la générosité publique.

Le 30 novembre 1914 un "Comité de la Croix-Rouge" fonctionnant à l'arrière de l'armée de campagne est créé par décision royale. Avec à sa tête, le Docteur Mélis et comprenant le Docteur Depage et la Comtesse de Merode. La collecte de fonds est une activité essentielle de ce comité.

La noblesse et les grandes fortunes de Belgique participent généreusement.

La "Brave little Belgium" attire la sympathie et le soutien de l'Angleterre. Le Docteur Depage et la Comtesse de Mérode y organisent une collecte de fonds en utilisant une stratégie de communication très moderne: affiches, encarts dans la presse, courriers, concerts conférences, vente de lithographies et de cartes...

La section qui récolte les fonds pour l'achat de matériel roulant peut fournir 48 véhicules dont des ambulances conçues pour éviter au maximum les chocs aux blessés.

Un total de 3.470.000 Fr a pu être récolté (à une époque où le pain coûtait 50 centimes... cela correspond donc environ à 6.000.000 d'euros)

En janvier 1915 l'épouse du Docteur Depage, Marie, se rend aux Etats-Unis pour organiser le même genre de collecte, avec des résultats moins spectaculaires. Elle revient en mai, à bord du Lusitania qui sera torpillé au large de l'Irlande. Marie Depage sera enterrée le 20 mai dans les dunes de La Panne.

Le 24 juillet 1915 le très actif "Comiteit voor Nederland en Kolonie" est reconnu et collectera 1.000.000 FR sur la durée de la guerre.

D'autre part, les soins ne sont pas gratuits, les journées d'hôpital sont facturées au Ministère de la défense du territoire pour les soldats et au Ministère des affaires intérieures pour les civils.

L'hôpital de l'Ocean

Le Grand Hôtel,de l'Océan. Réf: www.1914-1918.be La Reine Elisabeth, qui déjà avait mis à disposition une aile du Palais Royal de Bruxelles pour établir un hôpital de guerre, veut maintenant établir un hôpital de front à La Panne, sous l'égide de la Croix-Rouge. Elle en confie la conception et l'organisation au Docteur Depage.

L'hôtel l'Océan est réquisitionné.

C'est un bâtiment imposant, muni de tout le confort moderne de l'époque mais sans ascenceur, sans chauffage! (destiné au tourisme estival, il est fermé en hiver) L'hôtel l'Océan est mis à disposition grâce à la Contesse de Spoelbergh . (Son propriétaire est en fuite)

C'est un bâtiment imposant, muni de tout le confort moderne de l'époque mais sans ascenseur, sans chauffage et au circuit électrique défaillant! (destiné au tourisme estival, il est fermé en hiver)

Tout un système de chauffage central destiné à un château écossais sera récupéré chez Harrods en Angleterre.

Tables d'opération et matériel de radiographie seront aussi achetés chez nos voisins. 200 lits sont rapidement disponibles.

Réf:www.1914-1918.be Mais les 200 lits s'avèrent bien sûr largement insuffisants. Des baraquements préfabriqués sont commandés en France et très vite s'érige autour de l'Océan une véritable ville dans la ville. Lits, salles d'opération, de stérilisation, cuisines, lavoirs, pharmacie, ateliers de fabrication de prothèse, magasin d'approvisionnement, morgue, laboratoire, "chambres" du personnel, salles des brancardiers, salle de fête, théâtre et chapelle (protestante et catholique) ...

La famille Royale restera toute la durée de la guerre très impliquée. Magasin de l'hôpital Réf:www.1914-1918.be Sa Majesté la Reine Elisabeth, le Dr Nolf et la Princesse Marie-José. Réf:www.1914-1918.be


L'exposition

Blessures, pas pour âmes sensibles! Une guerre se limite dans un livre d'histoire à deux dates. On en étudie aussi les causes et les conséquences politiques et économiques. Il est parfois mentionné le nombre de morts.

Cette exposition a le mérite de s'attarder sur le non-dit d'une guerre. Sur la souffrance, sur ceux qui la combattent.

Toutes les guerres ont été le moteur de grands progrès techniques dans l'armement, le transport, etc.

La première guerre mondiale a vu se développer de nouvelles techniques médicales: désinfection (au moyen de fins tuyaux insérés dans plaie), radiographies (Marie Curie est venue en personne à La Panne pour présenter son matériel), prothèses et technique chirurgicales (le docteur Mélis à rapporté avec beaucoup de précision les résultats de techniques nouvelles).

Celles-ci, associées à une organisation de la prise en charge médicale des blessés sur le champ de bataille ont sauvé de nombreuses vies.

Venez visiter cet hommage aux gens de l'ombre dont la victoire ne se mesure pas en nombre d'adversaires tués mais en nombre de vies humaines sauvées.

Boite premiers soins

Boite de radiographies

Une radiographie

Chaise à porteurs médicale


Reconstitution d'une salle de Vinken En 1917, l'Océan est la cible de bombardements, il sera abandonné. Un nouvel hôpital verra le jour à Vinken, plus loin du front. Il permettra de sauver un très grand pourcentage des blessé admis. Mais on ne parle pas du nombre de blessés, les plus gravement atteints, morts durant le transport.

Salle d'opération

Matériel d'une salle d'opération

Outils chirurgicaux


Soldats sur la plage La plage sera pour les soldats relevés du front ou convalescents, pour les enfants de la famille royale, pour tous, un espace de détente dans cette boucherie qu'est la guerre. De nombreux soldats ne savaient pas nager! ils devaient être surveillés lors de leurs baignades. La princesse Marie-José


Les dunes: terrain de manoeuvres

Au quotidien

http://www.1914-1918.be/civil_julia_jacmain.php

Toujours sur le site du Dr. Patrick Loodts (recherches et rédaction) et Francis De Look (webmaster).

Je vous invite à lire cette page, témoignage direct de celle qui fut cuisinière à l'Hôpital de l'Ocean. Elle raconte en direct, avec précision et sensibilité les mouvements de notre armée jusqu'à l'Yser puis, l'organisation de la défense et des soins aux blessés.

A lire, à voir:

Disponible sur le site de l'exposition

- Het Hospitaal van de Koningin - Rode Kruis, L'Océan en De Panne 1914-1918 - par Luc De Munck et Luc Vandeweyer

- Jusquà l'Yzer - par Max Deauville

- La boue des flandres et autres récits de la Grande Guerre - par Max Deauville

Max Deauville est le pseudonyme de Maurice Duwez, médecin du front qui en a écrit un journal publié (mais en partie censuré) dès 1917. Il est disponible actuellement en version complète chez Roularta.

- Le site du Dr. Patrick Loodts (recherches et rédaction et Francis De Look (webmaster)

www.1914-1918.be  : Une collection de photos, de textes, de témoignages qui abordent tous les aspects de la guerre, à voir absolument!

-Une page qui montre ce qui est encore visible à La Panne, des bâtiments ayant été utilisés pour la guerre

Sur www.pannetheka.net

- Guido MAHIEU

Il présente des conférences illustrées sur le sujet. Si vous avez l'occasion d'aller l'écouter, ne la manquez pas. Complet, hyper documenté, ses chiffres vous donneront la nausée!

- Et beaucoup d'autres !

En cette période qui précède le triste centenaire de cette guerre, de nombreux livres ont parus ou vont paraître. Si l'un d'eux vous a particulièrement touché n'oubliez pas d'en faire part dans ces pages web!

Valid XHTML 1.0Strict Valid CSS

AccueilPage précédenteHaut de pagePage suivante